Entrer par l’expertise et grimper en la consolidant

Dans un univers où l’on mise tout sur l’innovation, la bonne intégration (et l’ascension professionnelle) se joue sur l’expertise. On progresse aussi professionnellement sur ses compétences techniques. La R&D est la fonction clé du secteur.

« Dans l’aéronautique, un poste d’ingénieur est indubitablement la meilleure porte d’entrée pour grimper ensuite les échelons », affirme sans hésiter Vincent Thelliere, chargé des relations industrielles au sein de l’école Isae-Ensma. Car, contrairement, à ce qui s’est passé depuis les années 1990 dans les autres secteurs de l’industrie, dans celui de l’aéronautique, les profils issus des écoles de commerce n’ont pas pris le pouvoir. À l’exception de Louis Gallois, qui sort des rangs de HEC, les dirigeants d’aujourd’hui et de demain sont des ingénieurs, polytechniciens ou des membres du corps des Mines. Fabrice Brégier, le directeur exécutif d’Airbus est un X et un ancien des Mines de Paris. Olivier Andriès, président de Turbomeca, sort de l’École polytechnique et des Mines de Paris. Même les jeunes pousses, comme Patrice Caine et Pierre-Eric Pommelet chez Thalès, ont été formées dans ces établissements prestigieux.

L’expertise valorisée

Le (très bon) bagage technique est donc le sésame pour évoluer dans ce secteur technologique où la notion d’expertise est extrêmement valorisée. Chez Airbus, il existe deux types de parcours pour accéder à des postes de direction : soit par l’expertise, soit en multipliant les expériences dans différentes fonctions et à l’international. « Des experts pointus sont à des postes de direction et ont un rythme de carrière similaire à celui des ingénieurs s’étant réorientés vers des fonctions de management ou commerciales », déclare l’entreprise. Dans l’autre cas, « je peux vous citer l’exemple d’un senior manager qui a commencé chez nous dans un site de production, avant de s’orienter vers des fonctions commerciales, de poursuivre à un poste d’ingénieur programme, dans des fonctions support client pour terminer aujourd’hui patron de l’engineering », illustre Kerrie Ann-Stein-Goujon, directrice du recrutement et emploi chez Airbus et directrice du Marketing Emploi EADS.

Innovation et carnet d’adresses

Et une expérience dans le secteur de la défense ? En jetant un œil aux parcours des dirigeants du secteur, force est de constater que tous y sont passés. « À l’origine, les innovations étaient conçues dans le secteur de la défense et appliquées ensuite dans l’aviation civile, analyse Jean-Charles de Borda, directeur général du périmètre aéronautique, spatial et défense chez Altran. Sans compter que la défense est éminemment stratégique pour l’État. Passer à la défense permet ainsi d’étoffer son carnet d’adresses dans le public. Aujourd’hui comme hier, l’aéronautique, de même que la Défense, demeure un enjeu stratégique pour l’État. »

Lucile Chevalier

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